| Chimères de Didier Gazoufer |
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| Écrit par Administrator |
| Jeudi, 08 Octobre 2009 17:09 |
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Chimères de Didier Gazoufer.
Toutes les bonnes histoires commencent par « il était une fois... », que la formule rituelle soit employée ou pas. Mais Didier Gazoufer l'emploie, cette formule, dès la première ligne de son recueil Chimères : « Il était une fois... »
La première ligne franchie, c'est déjà un autre monde. Un seul ? Certes non. La science-fiction, mâtinée d'un peu de fantasy, ouvre toujours grandes les portes de l'imaginaire, et c'est une évidence que Didier Gazoufer aime passer d'un monde à l'autre, à faire passer d'un monde à l'autre. Surtout, Didier est adepte de la Licence Art Libre. Ses histoires sont donc aussi les nôtres à plus d'un titre : nous pouvons lire et accepter de vivre un beau rêve le temps de quelque pages, ou reprendre à notre compte les idées et les mots qui nous sont offerts. Les portes de l'imaginaire, voyez-vous, peuvent s'ouvrir sur une infinité d'autres portes... Mais jetons un œil sur les nouvelles qui composent Chimères. Il était une fois, voici l'histoire d'une histoire. Or, constate Didier, qu'on l'écrive ou qu'on la vive, une histoire est comme une frontière qu'on a franchi sans s'en apercevoir. Il suffit d'ouvrir la porte, et c'est déjà l'ailleurs. Aline est un bel exemple de nouvelle brève (une seule page). Trouver la clé de l'affaire n'est pas vraiment difficile, mais l'essentiel n'est pas là : deux personnages, un dialogue sans fioritures, et une chute qui laisse songeur. L'auteur a atteint son but, le lecteur ne peut pas ne pas sourire, qu'il ait deviné ou non le fin mot de l'histoire, gageons qu'il sourira et hochera la tête de contentement. Le gigot de sept heures et sa suite Les œufs sont un pur régal. Didier campe deux personnages particulièrement originaux, dont les préoccupations profondes s'écartent totalement des clichés attendus lorsqu'on plonge dans la S-F. L'humour, noir, saupoudre le tout. Myrlyar veuille est une nouvelle absolument terrifiante et jouissive. Bêtise, folie, sans du sacrifice ? Didier ne tranche, mais nous renvoie à nos propres obsessions dérisoires. Chacun voudrait bien trouver le paradis au bout du désert... Gaïa, justement, est ce paradis, cette bulle dans laquelle chacun souhaite s'enfermer égoïstement, à un moment ou un autre. Malheureusement il y a un prix à payer. Mais c'est une surprise. Les coups et les couleurs, ou une autre façon d'expliquer que le paradis n'existe pas sur terre, ni ailleurs. Il arrive qu'on y survive. Autant le faire en bonne compagnie, puisque l'horreur n'est jamais loin derrière (ou devant) soi. Le diable de fer est un hommage à un des « grands » de la S-F. De quoi rappeler pas mal de choses aux lecteurs du genre, et inviter les autres à s'y intéresser. Dans la continuité des nouvelles précédentes, supprimer l'humain, nous dit Didier, voilà une idée très humaine. Il va falloir un peu d'aide. Cauchemar numérique, enfin, c'est le regard du moraliste dans un futur proche. Qu'on peste tant qu'on veut sur les imperfections du monde, il reste une poignée de choses qui nous plaisent. Que se passe-t-il quand tout ce qui constitue notre environnement quotidien devient un instrument de manipulation ? Hélas, on s'habitue, on s'enfonce dans le confort... Êtes-vous sûr d'être bien réveillé ? Avec ses histoires, Didier Gazoufer dresse le portrait d'une réalité douloureuse, traversée ça et là de quelques lueurs d'humour, de quoi assurer le salut de l'espèce. Chimères est au fond un espace de liberté qui permet tous les partages : lisez ; modifiez, si l'envie vous en prend ; vivez. Pour Didier, ces termes sont synonymes. Viva libertad ! |
| Mise à jour le Jeudi, 08 Octobre 2009 17:13 |